Industrialisation : Du Minimum Viable Product au Minimum Viable Process

Août 26, 2019
Floriane RENOU

Nombre de start-up, dans l’industrie comme dans les autres secteurs, souhaitent présenter leur solution achevée et ce dans un délai minimum. Cette stratégie oblige souvent les porteurs de projet à faire l’impasse sur des éléments clefs, notamment le coût et la fiabilité. Adopter une stratégie de MVP (Minimum Viable Product ou Produit Minimum Viable en français) permet de limiter ces risques.

Le MVP consiste à privilégier la vitesse de développement de votre produit. Ainsi vous réduisez votre délai de mise sur le marché. Pour ça, laissez de côté l’idée du produit parfait et complet. Optez plutôt pour une version simplifiée. Concentrez-vous sur les fonctions jugées essentielles, celles qui constituent le cœur de votre produit. Ainsi, votre produit arrivera plus rapidement sur le marché et à des coûts de développement réduits.

Aujourd’hui, les start-up sont sensibilisées à sortir un premier produit aux fonctionnalités minimales. Toutefois, elles ne pensent pas toujours à appliquer ce concept au process.

 

Pensez frugal, pensez process

Peut-on s’aventurer à prolonger le concept de MVP dans la sphère industrielle ? Supposons que nous mettions en œuvre un minimum viable process (MVPc), c’est-à-dire un process minimaliste qui offre un service suffisant pour réaliser la tâche. Cette approche du Process Minimum qui s’enrichit en fonction de l’avancement du projet, est en fait courante dans les entreprises. En effet, les premiers acteurs engagés dans le projet seront hautement qualifiés et bénéficieront de peu d’assistance. Les volumes à produire augmentant et les coûts nécessitant d’être diminués, les opérateurs seront davantage assistés par des automates.

 

Schéma illustrant le Minimum Viable Process

 

Suivez votre marché, itérez !

L’industrialisation des débuts devra être complètement repensée à mesure que le projet avance et que les paramètres volume/coûts évoluent.

Cette approche itérative est le seul moyen de limiter les investissements difficiles à engager pour une start-up. Les exemples sont nombreux sur les produits mécatroniques. En mécanique par exemple, la réalisation des pièces plastiques peut se faire en impression 3D, puis en usinage, en moulage,… Mais lister ces solutions ne suffit pas. Il faut connaître les contraintes et coûts de chacune d’entre elles. Une solution peut-être la meilleure option à une étape donnée et ne plus convenir lorsque les quantités augmentent.
En électronique, le cas des faisceaux présente des itérations tout aussi nombreuses : brasage manuel, sertissage manuel, sertissage automatique, brasage automatique, … Là aussi, une connaissance approfondie des différences technico-économiques entre ces solutions permettra d’enclencher l’itération suivante.

 

Concevoir des process, c’est faire des compromis

Coûts et délais des projets sont très largement impactés par la conception et la réalisation des process. Il faudra donc les intégrer dans le choix des solutions pour trouver le meilleur compromis à chaque étape du projet. Si un process est coûteux mais nécessaire pour le produit, peut-on revoir le produit ? Si un process est long à concevoir et réaliser, peut-on trouver une alternative acceptable durant une période limitée ? Ces choix doivent être faits en pesant les avantages et inconvénients au regard de la valeur client et de la rentabilité. Vous pouvez tout à fait décider d’avoir une rentabilité économique volontairement négative. Votre process de fabrication est trop coûteux pour la quantité que vous avez à produire. Toutefois, à moyen ou long terme l’effet volume viendra rattraper cette perte.

 

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